Injection de cellules souches dans le genou : principe, indications et déroulement

Les injections de cellules visent à réduire l’inflammation et favoriser la réparation des tissus.

La chirurgie n’est pas systématique

Les douleurs articulaires du genou liées à l’usure du cartilage ou à des lésions chroniques représentent un motif fréquent de consultation, en particulier chez les personnes physiquement actives. Lorsque les traitements conventionnels ne suffisent plus à soulager la douleur ou à maintenir un niveau d’activité satisfaisant, l’injection de cellules souches dans le genou peut constituer une option thérapeutique. Ce traitement orthobiologique repose sur l’utilisation des propres cellules du patient, prélevées dans la moelle osseuse, concentrées puis réinjectées dans l’articulation sous guidage échographique.

Qu’est-ce qu’une thérapie par cellules souches pour le genou ?

La thérapie par cellules souches appliquée au genou appartient au champ de l’orthobiologie. Elle consiste à utiliser un concentré de moelle osseuse (BMC, pour Bone Marrow Concentrate) contenant des cellules souches mésenchymateuses, des plaquettes, des cellules progénitrices et de nombreux facteurs de croissance aux propriétés anti-inflammatoires et régénératives.

Leur mécanisme d’action repose surtout sur leur activité paracrine : une fois injectées dans l’articulation, elles sécrètent des molécules bioactives (facteurs de croissance, cytokines) qui réduisent l’inflammation, modulent la réponse immunitaire et contribuent à restaurer l’équilibre biologique de l’articulation (de Girolamo et al., KSSTA, 2025). Cette approche vise à créer les conditions favorables à la réparation tissulaire, sans culture cellulaire ni manipulation complexe : le concentré est préparé et utilisé au cours de la même séance.

Les cellules souches dans le genou : le traitement

L’injection de cellules souches dans le genou n’est pas un traitement systématique. Son indication dépend de plusieurs facteurs évalués lors de la consultation : la pathologie en cause, le stade d’atteinte articulaire, le profil du patient, son âge, son niveau d’activité et ses objectifs.

Le consensus ESSKA-ORBIT 2025 recommande les thérapies cellulaires principalement pour les stades 1 à 3 de l’arthrose du genou selon la classification de Kellgren-Lawrence, avec des bénéfices cliniques également observés chez certains patients au stade 4 (de Girolamo et al., KSSTA, 2025). La thérapie cellulaire est positionnée comme un traitement injectable de deuxième ligne : elle peut être envisagée lorsque d’autres approches non chirurgicales, notamment le PRP ou l’acide hyaluronique, n’ont pas apporté de résultat suffisant.

Ce traitement peut notamment être proposé dans les situations suivantes :

  • Arthrose du genou résistante aux traitements conventionnels
  • Douleurs articulaires chroniques chez un patient souhaitant maintenir son activité physique
  • Lésions cartilagineuses nécessitant une approche biologique complémentaire

Chez le sportif amateur ou de haut niveau, la décision tient compte des contraintes biomécaniques liées à la discipline pratiquée, des objectifs de reprise et de la nécessité de préserver l’articulation à long terme. Le Pr Cavaignac intègre ces paramètres dans son évaluation, en s’appuyant sur son expérience en traumatologie du sport et sa connaissance des exigences propres à chaque activité.

Genou et cellules souches : comment se déroule la procédure ?

L’injection de concentré de moelle osseuse se déroule en ambulatoire, au cours d’une seule séance. Le protocole comprend trois étapes successives.

ÉtapeDescriptionDétails pratiques
PrélèvementAspiration de moelle osseuse au niveau du bassin (épine iliaque postéro-supérieure)Anesthésie locale et sédation par gaz MEOPA, 60 ml aspirés
PréparationCentrifugation de la moelle osseuseObtention d’un concentré riche en cellules biologiquement actives, utilisé immédiatement
InjectionInjection du concentré dans l’articulation du genouGuidage échographique pour une précision optimale

Le prélèvement peut entraîner une gêne transitoire au moment de l’aspiration. L’injection elle-même dure quelques minutes et est généralement bien tolérée. Aucune culture cellulaire n’est réalisée : le produit issu de la centrifugation est injecté directement, ce qui garantit l’utilisation de cellules autologues (provenant du patient lui-même) sans risque de rejet immunitaire.

Infiltration de cellules souches au genou : les résultats attendus

Les bénéfices attendus d’une injection au genou de cellule souche comprennent la diminution de la douleur, l’amélioration de la fonction articulaire, une meilleure qualité de vie et une densification du cartilage. Les effets cliniques apparaissent progressivement, sur plusieurs semaines après l’injection.

Les données disponibles montrent des résultats cliniques pouvant se maintenir jusqu’à 12 mois, avec un profil de tolérance favorable par rapport aux corticostéroïdes, dont l’utilisation répétée peut favoriser la destruction articulaire à long terme. Le consensus ESSKA-ORBIT 2025 souligne que les thérapies cellulaires présentent un potentiel de bénéfice supérieur à celui de l’acide hyaluronique en termes d’amélioration clinique et de durabilité des résultats (de Girolamo et al., KSSTA, 2025).

Il est toutefois important de préciser que les résultats varient d’un patient à l’autre et qu’aucune garantie d’efficacité ne peut être donnée. La réponse au traitement dépend notamment du stade de l’arthrose, de l’état général du patient et de son adhésion au programme de soins.

Suites et précautions après l’injection

Dans les jours suivant l’injection, une douleur ou une inflammation transitoire peut apparaître au niveau du genou ou du site de prélèvement. Un repos relatif de l’articulation est recommandé. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont déconseillés dans les suites immédiates, car ils pourraient interférer avec le processus biologique initié par l’injection.

La reprise progressive des activités est ensuite planifiée en fonction de l’évolution clinique. Chez les patients sportifs, cette reprise tient compte du type d’activité pratiquée et des contraintes spécifiques à la discipline, dans une logique de préparation adaptée et de prévention de la récidive.

Une approche intégrée dans un parcours de soins

L’injection de cellules souches n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans le parcours Knee ACE (Knee Augmented Care Experience), un modèle de prise en charge qui accompagne le patient de la première évaluation jusqu’au suivi à long terme.

Ce parcours comprend notamment une évaluation initiale approfondie, le choix du traitement le plus adapté, la réalisation du geste, puis un suivi structuré. Grâce au monitorage numérique continu, le patient bénéficie d’évaluations régulières permettant de mesurer son évolution en termes de douleur, de fonction articulaire et de qualité de vie. Ce suivi permet d’adapter la prise en charge en temps réel et de détecter précocement toute complication éventuelle.

D’autres approches orthobiologiques, comme le PRP (lien ver la page PRP de section sport & traumatologie) (plasma riche en plaquettes), peuvent être proposées en complément ou en alternative selon le profil du patient. Le choix entre ces différentes options repose sur l’évaluation médicale et les recommandations issues de la littérature scientifique.

Risques et effets indésirables

La technique est considérée comme globalement sûre. Les effets indésirables possibles comprennent :

  • Douleur ou hématome au site de prélèvement
  • Douleur ou gonflement transitoire au niveau du genou
  • Absence d’amélioration clinique

Les complications graves restent exceptionnelles. Le guidage échographique utilisé pour l’injection contribue à la sécurité et à la précision du geste.

Questions fréquentes sur les cellules souches

  • Quelle est la différence entre le PRP et les cellules souches pour le genou ?

    Le PRP (plasma riche en plaquettes) est obtenu à partir d’une simple prise de sang et contient principalement des plaquettes et des facteurs de croissance.
  • L'injection de cellules souches dans le genou est-elle douloureuse ?

    Le prélèvement de moelle osseuse est réalisé sous anesthésie locale associée à une sédation par gaz MEOPA.
  • Combien de temps faut-il pour ressentir les effets ?

    Les effets cliniques apparaissent progressivement, sur plusieurs semaines après l’injection.
  • Ce traitement peut-il remplacer une prothèse de genou ?

    La thérapie par cellules souches ne remplace pas une prothèse dans les cas d’arthrose avancée nécessitant un remplacement articulaire.
  • Le traitement est-il adapté aux sportifs ?

    Le Pr Cavaignac, spécialisé en traumatologie du sport, évalue chaque situation en tenant compte de la discipline pratiquée, du niveau d’activité et des objectifs de reprise.
  • Y a-t-il un risque de rejet ?

    Non. Le concentré de moelle osseuse est un traitement autologue : il est préparé à partir des propres cellules du patient. Il n’y a donc pas de risque de rejet immunitaire.