Thérapie par cellules souches pour l’arthrose du genou : une approche orthobiologique
Les thérapies à base de cellules souches pour l’arthrose du genou suscitent un intérêt croissant. Ces traitements orthobiologiques autologues, c’est-à-dire utilisant les propres cellules du patient, visent à réduire l’inflammation articulaire, soulager la douleur et favoriser un environnement propice à la régénération tissulaire.
Le consensus ESSKA-ORBIT de 2025, élaboré par 77 experts européens, reconnaît les bénéfices cliniques de ces thérapies cellulaires, notamment en matière de soulagement de la douleur et d’amélioration fonctionnelle, sur des périodes allant de 6 à 12 mois (de Girolamo et al., Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc, 2025). Pour autant, tous les patients ne sont pas éligibles, et les résultats varient d’une personne à l’autre.
Le Pr Étienne Cavaignac, chirurgien spécialiste du genou au CHU de Toulouse, propose cette option dans le cadre d’un parcours de soins structuré, après une évaluation rigoureuse de chaque situation individuelle. Découvrez les principes de cette thérapie, son déroulement concret, ses indications, ses limites et les données scientifiques qui fondent cette approche.
Qu’est-ce que la thérapie par cellules souches pour l’arthrose du genou ?
La thérapie par cellule souche pour l’arthrose du genou repose sur l’utilisation de cellules prélevées dans le propre organisme du patient, le plus souvent à partir de la moelle osseuse. Cette moelle, située au cœur de certains os, contient naturellement des cellules aux propriétés réparatrices, capables de réduire l’inflammation et de favoriser la cicatrisation des tissus.
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ces cellules ne « reconstruisent » pas directement le cartilage usé. Leur rôle principal consiste à libérer des substances biologiques qui apaisent l’inflammation dans l’articulation, améliorent son environnement et stimulent les capacités naturelles de réparation du corps (de Girolamo et al., Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc, 2025). C’est ce qu’on appelle un traitement orthobiologique : un traitement qui utilise vos propres ressources biologiques pour agir sur l’articulation, à la différence des infiltrations classiques d’acide hyaluronique ou de corticoïdes.
Arthrose du genou et cellules souches : pour qui ?
Le traitement de l’arthrose du genou par injection de cellules souches ne s’adresse pas à tous les patients. Sa pertinence est évaluée au cas par cas, lors d’une consultation avec le Pr Cavaignac. Selon le consensus ESSKA-ORBIT 2025, les thérapies cellulaires sont recommandées en priorité pour les stades Kellgren-Lawrence 1 à 3, avec des bénéfices cliniques également observés au stade 4, bien que les résultats puissent être moins durables à ce stade avancé (de Girolamo et al., Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc, 2025).
Cette option est généralement envisagée en seconde intention, c’est-à-dire après l’échec d’autres traitements conservateurs comme la kinésithérapie, les infiltrations d’acide hyaluronique ou le PRP pour l’arthrose du genou. Elle peut aussi être proposée aux patients qui ne sont pas encore candidats à la pose d’une prothèse, ou qui souhaitent retarder cette intervention.
Les principaux critères d’évaluation portent sur la pathologie, le niveau d’atteinte articulaire, le profil du patient, ses objectifs et son état de santé général. Le consensus européen précise qu’il n’existe pas de limite d’âge formelle, mais que la qualité et la quantité des cellules souches de la moelle osseuse peuvent diminuer avec l’âge (de Girolamo et al., Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc, 2025).
| Critère | Éléments pris en compte |
|---|---|
| Stade d’arthrose | Kellgren-Lawrence 1 à 3 en priorité, KL 4 possible dans certains cas |
| Traitements antérieurs | Réponse aux traitements conservateurs déjà essayés |
| Profil du patient | Âge, comorbidités, activité physique, attentes |
| Contre-indications | Grossesse, pathologies malignes actives, infection locale |
| Objectifs | Soulagement de la douleur, maintien de la mobilité, report de la chirurgie prothétique |
Comment se déroule l’injection de cellules souches pour l’arthrose du genou ?
Le protocole de traitement de la gonarthrose par implantation de cellules souches pratiqué par le Pr Cavaignac, spécialiste de l’arthrose du genou, repose sur le concentré de moelle osseuse (BMC, pour Bone Marrow Concentrate). Le produit est préparé et utilisé le jour même, sans culture cellulaire en laboratoire. La procédure se déroule en trois temps.
Prélèvement de la moelle osseuse
Le prélèvement est réalisé dans des conditions d’asepsie strictes, au niveau de l’épine iliaque postéro-supérieure (bassin).
Une anesthésie locale est systématiquement pratiquée, associée à une sédation par gaz MEOPA pour le confort du patient. Environ 60 ml de moelle osseuse sont aspirés à l’aide d’une aiguille spécifique. Le prélèvement peut entraîner une gêne transitoire au moment de l’aspiration.
Préparation du concentré
La moelle osseuse est traitée par centrifugation afin d’obtenir un produit concentré, riche en cellules biologiquement actives.
Le consensus ESSKA-ORBIT 2025 recommande un protocole de double centrifugation pour maximiser la concentration en cellules souches mésenchymateuses (de Girolamo et al., Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc, 2025). Aucune culture cellulaire n’est réalisée : le produit est utilisé immédiatement.
Injection sous guidage échographique
Le concentré est injecté directement dans l’articulation du genou, sous contrôle échographique. Ce guidage permet une précision optimale du geste. La procédure est généralement bien tolérée et dure quelques minutes.
Convalescence après injection de cellules souches pour la gonarthrose
Les suites immédiates sont habituellement simples. Une douleur ou une inflammation transitoire peut apparaître dans les jours suivant l’injection. Un repos relatif de l’articulation est recommandé pendant quelques jours, et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont déconseillés dans les suites immédiates, car ils pourraient interférer avec le processus biologique en cours.
Les effets cliniques apparaissent progressivement, sur plusieurs semaines. Les bénéfices attendus comprennent :
- une diminution de la douleur,
- une amélioration de la fonction articulaire,
- une meilleure qualité de vie.
Il est toutefois important de souligner que les résultats varient d’un patient à l’autre et qu’aucune garantie d’efficacité ne peut être donnée.
Le repos après thérapie par cellules souches pour la gonarthrose est adapté individuellement. Le Pr Cavaignac assure un suivi régulier après l’injection, intégré au parcours Knee ACE, grâce à un monitorage numérique continu qui permet de suivre l’évolution de la douleur, de la mobilité et des scores fonctionnels du patient tout au long de sa récupération.
Ce que dit la science : arthrose du genou et traitement par cellules souches
L’efficacité des thérapies cellulaires dans l’arthrose du genou fait l’objet d’une littérature scientifique abondante, bien que certains points restent débattus. Le consensus ESSKA-ORBIT 2025, publié dans Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy, constitue le document de référence le plus récent sur le sujet. Il a été élaboré selon la méthodologie de consensus formel de la Haute Autorité de Santé (HAS) et repose sur l’évaluation de 77 experts issus de 22 pays européens.
Les données clés à retenir :
- Les thérapies cellulaires (au point de soins ou avec cellules expansées) sont considérées comme des options de traitement valides pour l’arthrose du genou de stades KL 1 à 3, en seconde intention (de Girolamo et al., 2025).
- Par rapport aux corticoïdes, les thérapies cellulaires présentent l’avantage d’être non chondrotoxiques, c’est-à-dire qu’elles n’endommagent pas le cartilage, et offrent des effets potentiellement plus durables (de Girolamo et al., 2025).
- Par rapport à l’acide hyaluronique, plusieurs méta-analyses suggèrent une amélioration clinique supérieure et un effet plus prolongé des thérapies cellulaires (de Girolamo et al., 2025).
- Il n’existe pas à ce jour de preuve suffisante d’effets modificateurs de la maladie chez l’humain, bien que les études précliniques soient prometteuses (Cavallo et al., International Orthopaedics, 2021).
- Un nouveau cycle d’injection peut être envisagé en cas de réapparition des symptômes après un premier traitement efficace (de Girolamo et al., 2025).
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Questions fréquentes sur la greffe de cellule souche pour l’arthrose du genou
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Les cellules souches peuvent-elles guérir l'arthrose du genou ?
Les thérapies cellulaires ne guérissent pas l’arthrose. Elles peuvent soulager la douleur, améliorer la fonction articulaire et contribuer à retarder l’évolution de la maladie. -
Quelle est la différence entre les cellules souches et le PRP ?
Le PRP (plasma riche en plaquettes) est un produit dérivé du sang, riche en facteurs de croissance. Les thérapies cellulaires utilisent des cellules vivantes (issues de la moelle osseuse ou du tissu adipeux) dont le mécanisme d’action est plus large. -
Les cellules souches intraveineuses pour l'arthrose du genou sont-elles efficaces ?
Le consensus européen porte uniquement sur les injections intra-articulaires. À ce jour, il n’existe pas de données scientifiques suffisantes pour recommander les injections de cellules souches intraveineuses pour l’arthrose du genou dans le cadre d’une pratique médicale fondée sur les preuves. Le Pr Cavaignac pratique exclusivement l’injection intra-articulaire de concentré de moelle osseuse. -
Quels sont les risques de cette injection ?
Le traitement est considéré comme globalement sûr. -
Combien de temps durent les effets ?
La littérature rapporte des bénéfices cliniques allant de 6 à 12 mois pour les produits au point de soins, et jusqu’à 24 mois pour les cellules expansées (de Girolamo et al., 2025). Un nouveau cycle peut être envisagé en cas de réapparition des symptômes.
Votre genou mérite une évaluation personnalisée
L’éligibilité aux thérapies cellulaires dépend de votre situation. Une consultation avec le Pr Cavaignac permet de déterminer l’option la mieux adaptée à votre genou.
