Biothérapies du genou : PRP et concentré de moelle osseuse au service de la restauration articulaire

Les biothérapies du genou regroupent des traitements orthobiologiques qui utilisent les propres ressources biologiques du patient pour favoriser la réparation tissulaire et réduire l’inflammation articulaire.

La chirurgie n’est pas systématique

Parmi ces traitements biologiques de l’arthrose, le plasma riche en plaquettes (PRP) et le concentré de moelle osseuse (BMC) sont aujourd’hui les plus étudiés et les plus utilisés en pratique clinique.

Le consensus européen ESSKA-ORBIT, publié en 2024, considère le PRP comme une option injectable de première ligne dans la prise en charge non chirurgicale de l’arthrose du genou pour les stades légers à modérés (Laver et al., Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy, 2024).

Au CHU de Toulouse, le Pr Étienne Cavaignac intègre ces biothérapies dans le parcours de soins Knee ACE, en les adaptant à chaque situation clinique et aux objectifs de chaque patient, qu’il s’agisse de retrouver une vie quotidienne confortable ou de reprendre une activité sportive.

Qu’est-ce qu’une biothérapie du genou ?

Une biothérapie est un traitement qui repose sur l’utilisation de produits issus du corps du patient lui-même (on parle de traitement autologue). Le principe est simple : prélever un échantillon biologique (sang ou moelle osseuse), le préparer en laboratoire pour concentrer les éléments actifs, puis le réinjecter au niveau de l’articulation ou du tissu à traiter.

Ces produits contiennent des plaquettes, des facteurs de croissance, des cytokines anti-inflammatoires et, dans le cas de la moelle osseuse, des cellules souches mésenchymateuses. Ces éléments biologiques interviennent dans la modulation de l’inflammation, la stimulation de la réparation tissulaire et l’amélioration de l’environnement articulaire. Les études précliniques et cliniques ont montré que le PRP présente des propriétés anti-inflammatoires sur l’arthrose (Laver et al., KSSTA, 2024).

Les biothérapies ne remplacent pas une chirurgie lorsque celle-ci est nécessaire. Elles s’inscrivent dans une stratégie globale de restauration articulaire, en complément ou en alternative à d’autres traitements injectables comme l’acide hyaluronique ou les corticoïdes.

Les deux principales biothérapies

Le plasma riche en plaquettes (PRP)

Le PRP est obtenu à partir d’une simple prise de sang. Le sang prélevé est centrifugé pour isoler et concentrer les plaquettes et leurs facteurs de croissance. Le produit obtenu est ensuite injecté dans l’articulation du genou sous guidage échographique, ce qui permet de garantir la précision du geste.

L’injection de PRP est généralement bien tolérée et ne nécessite pas d’anesthésie. Le geste se déroule en consultation et dure quelques minutes.

Le consensus européen ESSKA-ORBIT publié en 2024 conclut que les données précliniques et cliniques disponibles soutiennent l’utilisation du PRP dans l’arthrose du genou, principalement dans les formes légères à modérées correspondant aux grades Kellgren-Lawrence 1 à 3 (arthrose légère à modérée).

Plusieurs études de haut niveau et méta-analyses suggèrent que le PRP procure une amélioration clinique globale supérieure et plus durable que l’acide hyaluronique, bien que l’hétérogénéité des préparations de PRP limite la portée de ces comparaisons. Par rapport aux injections de corticostéroïdes, le consensus considère que le PRP procure des effets cliniques plus durables et semble présenter un profil de sécurité plus favorable (Laver et al., KSSTA, 2024).

Le concentré de moelle osseuse (BMC)

Le BMC est un traitement orthobiologique autologue qui utilise les cellules de la moelle osseuse du patient. Le prélèvement est réalisé au niveau du bassin (épine iliaque postéro-supérieure), sous anesthésie locale associée à une sédation par gaz MEOPA. Le produit obtenu, riche en cellules souches mésenchymateuses, en plaquettes et en facteurs de croissance, est injecté dans l’articulation sous guidage échographique.

Contrairement au PRP, le BMC ne nécessite généralement qu’une seule injection. Le prélèvement et l’injection sont réalisés le même jour, sans culture cellulaire.

Le consensus ESSKA-ORBIT de 2025, consacré aux thérapies cellulaires, conclut que les traitements à base de cellules peuvent apporter des bénéfices cliniques dans l’arthrose du genou, notamment une réduction de la douleur et une amélioration fonctionnelle, avec des effets observés jusqu’à 12 mois. Ces traitements sont principalement envisagés pour les arthroses de grades Kellgren-Lawrence 1 à 3 lorsque la chirurgie n’est pas encore indiquée ou appropriée (de Girolamo et al., KSSTA, 2025).

Les suites de l’injection

Dans les jours qui suivent l’injection, une douleur ou un gonflement transitoire peut apparaître au site d’injection. Un repos relatif est recommandé pendant quelques jours. Pour le BMC, une gêne au site de prélèvement (bassin) est possible mais généralement de courte durée.

Les AINS doivent être évités dans la période qui entoure l’injection afin de ne pas interférer avec l’activité des facteurs de croissance.

Délai d’apparition des résultats

Les effets cliniques apparaissent progressivement sur plusieurs semaines. Pour le PRP, les études montrent une amélioration significative à partir du troisième mois, avec des résultats maintenus à 12 mois. Les complications graves restent exceptionnelles.

Indications et limites : pour quels patients ?

Les biothérapies ne sont pas adaptées à tous les profils ni à toutes les pathologies du genou. Leur indication dépend de plusieurs facteurs évalués lors de la consultation : la nature et l’étendue de l’atteinte articulaire, le stade de la maladie, l’âge du patient, son niveau d’activité et ses objectifs fonctionnels.

Pour un sportif amateur souhaitant reprendre la course à pied, les attentes ne sont pas les mêmes que pour un patient sédentaire recherchant un soulagement de la douleur au quotidien. Le Pr Cavaignac, lui-même passionné de sport, prend en compte ces différences pour proposer la stratégie la plus pertinente, en intégrant les contraintes propres à chaque discipline et les objectifs de reprise de chaque patient.

PRPBMC
PrincipeConcentration des plaquettes à partir du sangConcentration des cellules de la moelle osseuse
Indications principalesArthrose légère à modérée (KL 1-3), douleurs articulairesArthrose résistante aux traitements conventionnels, lésions cartilagineuses
PrélèvementPrise de sang simplePonction de moelle osseuse au bassin
AnesthésieNon nécessaireAnesthésie locale + sédation MEOPA
GuidageÉchographiqueÉchographique

Une prise en charge intégrée dans le parcours Knee ACE

Les biothérapies ne sont jamais un acte médical isolé dans la pratique du Pr Cavaignac. Elles s’inscrivent dans le parcours de soins Knee ACE (Knee Augmented Care Experience), qui structure la prise en charge du patient de la première consultation jusqu’au suivi à long terme.

Concrètement, cela signifie que l’indication d’une biothérapie est posée après une évaluation initiale complète, intégrant l’examen clinique, l’imagerie et la discussion des objectifs du patient. Le traitement est ensuite suivi grâce au monitorage numérique continu, qui permet de mesurer l’évolution de la douleur, de la mobilité et de la fonction articulaire dans les semaines et les mois qui suivent l’injection. Ce suivi régulier aide à évaluer la réponse au traitement et à adapter la stratégie thérapeutique si nécessaire.

Pour les sportifs, cette approche est particulièrement pertinente. Le Pr Cavaignac, lui-même passionné de sport, comprend que l’objectif d’un athlète ne se limite pas à la disparition de la douleur : il s’agit de retrouver un niveau de performance compatible avec les exigences biomécaniques de sa discipline. Les biothérapies peuvent participer à cet objectif dans le cadre d’un plan de traitement personnalisé, associant rééducation ciblée, adaptation de la charge d’entraînement et prévention de la récidive.

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Questions posées fréquemment sur la biothérapie du genou

  • Quelle est la différence entre le PRP et le concentré de moelle osseuse ?

    Le PRP est obtenu à partir d’une prise de sang et concentre principalement les plaquettes et leurs facteurs de croissance. Le BMC est prélevé à partir de la moelle osseuse et contient en plus des cellules souches mésenchymateuses.
  • Les biothérapies sont-elles remboursées par l'Assurance Maladie ?

    Le traitement par BMC n’est pas pris en charge par l’Assurance Maladie.
  • Peut-on associer une biothérapie à une chirurgie du genou ?

    Oui. Les biothérapies peuvent être utilisées en complément d’un geste chirurgical, par exemple lors d’une réparation méniscale ou d’une intervention sur le cartilage.
  • Les biothérapies peuvent-elles guérir l'arthrose ?

    Les biothérapies ne guérissent pas l’arthrose. Elles peuvent réduire la douleur, améliorer la fonction articulaire et potentiellement ralentir la progression de la maladie, mais les résultats varient selon les patients.
  • Combien de temps dure l'effet d'une injection de PRP ?

    Les études montrent un bénéfice clinique pouvant se maintenir jusqu’à 12 mois après le traitement.
  • Les biothérapies sont-elles douloureuses ?

    L’injection de PRP se déroule après une simple prise de sang et n’est généralement pas plus douloureuse qu’une infiltration classique.