Comprendre et traiter la lésion chondrale du genou

Douleur, gonflement ou blocage du genou ? Découvrez les causes et traitements de la lésion chondrale du genou avec le Pr Cavaignac à Toulouse.

Une lésion chondrale du genou correspond à une atteinte du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses de l’articulation, le plus souvent après un choc, une torsion ou une pratique sportive intense.

Certaines études arthroscopiques estiment qu’une atteinte du cartilage est retrouvée dans plus d’un genou opéré sur deux, ce qui en fait l’une des blessures du sportif les plus fréquentes de l’articulation, bien qu’elle reste largement méconnue du grand public.

Le Pr Étienne Cavaignac, chirurgien orthopédiste spécialiste du genou et de la traumatologie du sport au CHU de Toulouse, prend en charge les lésions chondrales à tous les stades. De l’évaluation initiale au suivi postopératoire, il accompagne chaque patient vers la solution la mieux adaptée à sa situation et à son niveau d’activité.

Qu’est-ce qu’une lésion chondrale ?

Le cartilage articulaire est ce tissu lisse et nacré qui recouvre les surfaces osseuses du genou (fémur, tibia et rotule) et permet un glissement sans frottement entre les os lors des mouvements. Une lésion chondrale désigne une fissure, un ramollissement ou une perte de substance de ce revêtement, à ne pas confondre avec une déchirure du ménisque, ce coussin fibreux qui amortit les chocs entre les deux os.

Quelles sont les causes des lésions du cartilage du genou ?

Les lésions du cartilage du genou surviennent le plus souvent dans un contexte de traumatologie du sport, mais elles peuvent aussi apparaître progressivement, sans choc identifiable. Chez le sportif, plusieurs mécanismes reviennent fréquemment :

  • un choc direct sur le genou (chute, contact lors d’un sport collectif)
  • une torsion brutale du genou en pivot, souvent associée à une lésion du ligament croisé antérieur
  • une luxation de la rotule, qui peut arracher un fragment de cartilage au passage
  • une instabilité chronique du genou, qui use progressivement le cartilage à chaque déplacement anormal de l’articulation
  • une surutilisation liée à la pratique intensive ou répétée d’un sport à fort impact (course, saut, sports de pivot) notamment le cartilage de la trochlée dans les sports comme le basket

Chez les patients plus âgés ou moins sportifs, l’usure progressive du cartilage liée à l’âge, au surpoids ou à un mauvais alignement du genou peut également conduire à une atteinte chondrale, qui s’inscrit alors dans une évolution vers l’arthrose.

Comment reconnaître les symptômes d’une lésion chondrale ?

Une lésion du cartilage ne provoque pas toujours une douleur immédiate, ce qui explique qu’elle passe parfois inaperçue pendant plusieurs mois. Certains signes doivent néanmoins alerter :

  • une douleur mécanique, qui apparaît à l’effort, à la marche prolongée ou en descendant les escaliers, et qui s’améliore au repos
  • un gonflement du genou (épanchement), en particulier après une activité physique
  • une sensation de blocage ou d’accrochage dans l’articulation
  • un craquement ou un frottement perçu lors des mouvements de flexion et d’extension
  • une impression d’instabilité, surtout si la lésion est associée à une atteinte ligamentaire

Ces symptômes, souvent discrets au début, méritent une consultation spécialisée dès qu’ils persistent au delà de quelques semaines, en particulier chez un patient sportif qui souhaite reprendre son activité en toute sécurité.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic d’une lésion chondrale repose sur un examen clinique complet, au cours duquel le chirurgien du sport et du genou évalue la mobilité, la stabilité et les points douloureux du genou. Cet examen est ensuite complété par une IRM, l’examen de référence pour visualiser le cartilage et estimer la profondeur de la lésion. Dans certains cas, une arthroscopie exploratrice permet de confirmer et de préciser l’étendue des dommages directement dans l’articulation.

Les lésions chondrales sont classées selon leur profondeur, de la simple fissure superficielle à la mise à nu de l’os sous-jacent :

GradeDescription
Grade IRamollissement ou fissure superficielle du cartilage
Grade IIFissure atteignant moins de la moitié de l’épaisseur du cartilage
Grade IIIFissure profonde, sans atteindre l’os
Grade IVMise à nu de l’os sous le cartilage

Cette classification, dite classification d’Outerbridge, oriente directement le choix du traitement le plus adapté à chaque patient.

Quels traitements pour réparer le cartilage du genou ?

La prise en charge d’une lésion chondrale dépend de sa taille, de sa profondeur, de sa localisation et du profil du patient (âge, niveau sportif, objectifs de reprise). Elle peut associer plusieurs approches, du traitement conservateur aux techniques chirurgicales les plus récentes.

SituationTraitement envisagé
Lésion superficielle, peu symptomatiqueRééducation, adaptation de l’activité, biothérapies (infiltrations de PRP ou de cellules souches)
Petite lésion profonde et localiséeMicrofractures ou techniques stimulant la repousse d’un cartilage de réparation
Lésion de taille moyenneMosaïcplastie (greffe de petits cylindres de cartilage sain prélevés ailleurs dans le genou)
Lésion étendue ou profondeGreffe de cartilage ou de cellules cartilagineuses cultivées
Atteinte associée à une arthrose avancéeTraitement chirurgical en cas d’absence de guérisons par un traitement médical bien conduit

L’orthobiologie notamment le PRP (plasma riche en plaquettes, obtenu à partir du sang du patient) et les injections de cellules souches, occupent une place croissante dans la prise en charge des lésions chondrales débutantes.

L’approche du Pr Cavaignac : un parcours de soin personnalisé

Au-delà du geste chirurgical, le Pr Étienne Cavaignac inscrit la prise en charge d’une lésion chondrale dans un parcours de soin complet, de la première consultation jusqu’à la reprise du sport. Cette approche associe une évaluation précise de la lésion, une technique chirurgicale adaptée à chaque patient, et un suivi rapproché de la récupération, notamment grâce à des outils numériques qui permettent de suivre l’évolution de la douleur, de la mobilité et des capacités fonctionnelles du genou tout au long de la rééducation.

Cette coordination entre chirurgie, kinésithérapie et suivi digitalisé vise un objectif simple : donner au patient les meilleures chances de retrouver un genou fonctionnel et stable, tout en détectant le plus tôt possible la moindre complication.

Questions fréquentes sur les lésions chondrales

  • Quelle est la différence entre une lésion chondrale et une déchirure du ménisque ?

    La lésion chondrale touche le cartilage qui recouvre les os, tandis que la déchirure du ménisque concerne le coussin fibreux qui amortit les chocs entre le fémur et le tibia. Les deux lésions peuvent coexister, notamment après un traumatisme sportif.
  • Une lésion chondrale peut-elle guérir sans opération ?

    Une lésion superficielle et peu symptomatique peut être stabilisée par la rééducation, l’adaptation de l’activité et parfois des biothérapies (aussi appelées orthobiologie), sans passer par la chirurgie. Une lésion profonde ou qui s’aggrave nécessite en revanche le plus souvent une prise en charge chirurgicale.
  • Une lésion chondrale peut-elle évoluer vers l'arthrose ?

    Oui. Une lésion du cartilage non traitée ou mal prise en charge peut évoluer progressivement vers une arthrose du genou, car le cartilage ne se régénère pas spontanément et l’usure a tendance à s’étendre avec le temps.
  • Quels examens permettent de confirmer une lésion chondrale ?

    L’IRM est l’examen de référence pour visualiser le cartilage et évaluer la profondeur de la lésion.
  • Combien de temps dure la récupération après une chirurgie du cartilage ?

    Le délai varie de quelques semaines pour une biothérapie ou une technique de stimulation, à plusieurs mois pour une greffe de cartilage ou une mosaïcplastie, avec un retour au sport encadré par un protocole de rééducation personnalisé.
  • Quels sportifs sont les plus exposés aux lésions chondrales ?

    Les pratiquants de sports de pivot, de contact ou de saut (football, rugby, basketball, ski) sont particulièrement exposés, en raison des torsions et des chocs répétés que subit le genou lors de ces activités.