Arthrose & mobilité

Arthrose du genou ou gonarthrose : comprendre, diagnostiquer et traiter

La gonarthrose, ou arthrose du genou, se caractérise par une dégradation progressive du cartilage qui recouvre les surfaces articulaires.

Professor Cavaignac

L’usure du cartilage entraîne des douleurs, une raideur et une perte de mobilité qui peuvent, à terme, limiter les gestes les plus simples du quotidien : marcher, monter un escalier, se lever d’une chaise.

La gonarthrose : définition et formes cliniques

La gonarthrose désigne l’arthrose localisée au genou. Par définition, la gonarthrose correspond à une dégénérescence du cartilage articulaire, c’est-à-dire de cette fine couche de tissu qui permet aux os du fémur, du tibia et de la rotule de glisser les uns contre les autres sans frottement. Lorsque ce cartilage s’amincit puis disparaît, les surfaces osseuses entrent en contact direct, provoquant douleurs, inflammation et formation progressive d’excroissances osseuses appelées ostéophytes.

L’articulation du genou comprend trois compartiments, et l’arthrose peut toucher un, deux ou trois d’entre eux :

Forme de gonarthroseCompartiment atteintCaractéristiques
Gonarthrose fémoro-tibiale interneCompartiment interne (médial)La forme la plus fréquente, souvent associée à un défaut d’axe en varus (jambes arquées)
Gonarthrose fémoro-tibiale externeCompartiment externe (latéral)Moins courante, parfois liée à un axe en valgus souvent séquellaire d’une méniscectomie externe
Gonarthrose fémoro-patellaireCompartiment entre la rotule et le fémurDouleurs en montant ou descendant les escaliers, lors des positions prolongées genoux fléchis
Gonarthrose tricompartimentaleLes trois compartimentsAtteinte globale de l’articulation, souvent à un stade avancé

La gonarthrose fémoro-tibiale interne est la forme la plus fréquemment rencontrée en consultation. Lorsque les deux genoux sont touchés, on parle de gonarthrose bilatérale, une situation qui concerne une part importante des patients à mesure que la maladie progresse.

Symptômes de la gonarthrose : comment reconnaître l’arthrose du genou ?

Les symptômes de la gonarthrose s’installent de manière progressive et s’intensifient avec l’évolution de la maladie. Ils se manifestent notamment par :

  • Une douleur principalement mécanique : elle apparaît surtout à la marche, dans les escaliers ou après une position assise prolongée, et tend à s’atténuer au repos.
  • Une raideur articulaire : particulièrement présente le matin ou après une période d’immobilité, elle nécessite souvent quelques minutes de « dérouillage » avant de retrouver une mobilité satisfaisante.
  • Une diminution progressive de la mobilité : certains gestes du quotidien, comme s’accroupir, jardiner ou marcher longtemps, peuvent devenir plus difficiles.
  • Des craquements ou des sensations de frottement dans le genou, notamment lors des mouvements.

Causes et facteurs de risque

La gonarthrose résulte le plus souvent de la combinaison de plusieurs facteurs, et non d’une cause unique.

  • L’âge est le premier facteur de risque
  • Le surpoids joue un rôle mécanique direct en augmentant la charge exercée sur l’articulation, ce qui favorise la dégradation du cartilage.
  • Les antécédents traumatiques comptent également : une fracture articulaire, une lésion méniscale ancienne ou une rupture du ligament croisé antérieur peuvent accélérer l’usure du cartilage, parfois des années après la blessure initiale. C’est ce que les spécialistes appellent l’arthrose post-traumatique.
  • Les troubles de l’axe du membre inférieur, comme le genu varum (jambes arquées) ou le genu valgum (genoux en X), créent une surcharge localisée sur un compartiment du genou et favorisent l’apparition d’une gonarthrose fémoro-tibiale.

Diagnostic de la gonarthrose du genou

Le diagnostic repose sur l’association d’un examen clinique et d’un bilan d’imagerie.

Lors de la consultation, le Pr Cavaignac recueille l’histoire des douleurs, les circonstances d’apparition, l’impact sur les activités quotidiennes, les antécédents médicaux et chirurgicaux. L’examen physique évalue la mobilité du genou, recherche un épanchement, teste la stabilité ligamentaire et analyse l’axe du membre.

La radiographie standard (debout, genou portant le poids du corps) est l’examen de référence.

L’IRM n’est pas systématiquement nécessaire lorsque le diagnostic est évident sur les radiographies. Elle peut cependant être utile en cas de doute diagnostique ou pour évaluer des lésions associées (ménisques, ligaments, cartilage).

Traitements de la gonarthrose : une prise en charge progressive et personnalisée

La prise en charge de la gonarthrose repose sur une stratégie progressive, adaptée au stade de la maladie, au niveau de douleur, au retentissement fonctionnel et au profil de chaque patient.

En première intention, plusieurs approches permettent de soulager les douleurs et de préserver la fonction articulaire :

  • La kinésithérapie (lien vers la page kiné) et l’activité physique adaptée (natation, vélo, marche sur terrain plat) renforcent les muscles stabilisateurs du genou et améliorent la souplesse articulaire.
  • L’optimisation de l’hygiène de vie (lien vers la page opti hygiene de vie), notamment la gestion du poids et l’adaptation des activités, contribue à réduire les contraintes sur l’articulation.
  • Les traitements médicamenteux incluent les antalgiques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (par voie orale ou locale) et, dans certains cas, les infiltrations intra-articulaires de corticoïdes pour les poussées douloureuses.
  • Les infiltrations d’acide hyaluronique, ou viscosupplémentation, visent à améliorer la lubrification articulaire.
  • Les traitements par orthobiologie (PRP pour la gonarthrose, concentré de moelle osseuse) peuvent être envisagés selon le stade de l’atteinte et le profil du patient. Le consensus ESSKA-ORBIT soutient l’utilisation du PRP comme option injectable pour la gonarthrose de stade léger à modéré (Kellgren-Lawrence 1 à 3), avec des résultats supérieurs à ceux de l’acide hyaluronique à moyen terme (Laver et al., KSSTA, 2024). Leur indication est évaluée au cas par cas lors de la consultation.

Lorsque les traitements conservateurs ne suffisent plus, plusieurs options chirurgicales peuvent être discutées :

  • L’ostéotomie du genou permet de corriger un défaut d’axe et de redistribuer les charges sur un compartiment sain, retardant la nécessité d’une prothèse. Le consensus ESSKA 2024 précise que cette intervention n’est pas limitée par l’âge seul, mais repose sur une évaluation individualisée (Dawson et al., KSSTA, 2024).
  • La prothèse partielle de genou (unicompartimentale) remplace uniquement le compartiment usé et peut bénéficier de chirurgie robotique du genou pour optimiser le positionnement des implants.
  • La prothèse totale du genou remplace l’ensemble des surfaces articulaires et constitue la solution de référence pour les atteintes sévères ou tricompartimentales. Elle peut également être assistée par robot.

Le choix entre ces options fait l’objet d’une discussion approfondie entre le patient et le chirurgien, en tenant compte du stade de la maladie, de l’âge, du niveau d’activité et des attentes de chacun.

Le parcours de soins Knee-ACE : un accompagnement du diagnostic au suivi à long terme

Au-delà du geste chirurgical ou du traitement proposé, le Pr Cavaignac inscrit chaque prise en charge dans un parcours de soins structuré, le parcours Knee ACE (Knee Augmented Care Experience). Ce modèle repose sur l’idée que la qualité des résultats ne dépend pas uniquement du traitement lui-même, mais de l’ensemble de l’accompagnement : avant, pendant et après.

Ce parcours comprend notamment l’évaluation initiale approfondie, la préparation du patient, la coordination avec les équipes de rééducation, et un suivi numérique continu grâce à la plateforme Orthense, permettant de suivre l’évolution de la douleur, de la mobilité et de la satisfaction du patient grâce à des évaluations régulières.

Questions fréquentes sur la gonarthrose

  • La gonarthrose bilatérale peut-elle toucher les deux genoux en même temps ?

    Oui. La gonarthrose bilatérale est fréquente, en particulier lorsque des facteurs généraux comme le surpoids ou l’âge sont en cause.
  • Quelle est la différence entre une gonarthrose fémoro-tibiale et une gonarthrose fémoro-patellaire ?

    La gonarthrose fémoro-tibiale concerne l’usure du cartilage entre le fémur et le tibia, tandis que la forme fémoro-patellaire touche l’articulation entre la rotule et le fémur.
  • Peut-on continuer à faire du sport avec une gonarthrose ?

    La pratique d’une activité physique est non seulement possible mais recommandée.
  • À quel moment faut-il envisager la chirurgie ?

    La chirurgie est envisagée lorsque les traitements non chirurgicaux ne soulagent plus suffisamment la douleur et que le retentissement sur la vie quotidienne devient important.
  • Le PRP est-il efficace contre la gonarthrose ?

    Le consensus européen ESSKA-ORBIT considère le PRP comme une option injectable valide pour les stades légers à modérés de gonarthrose (Kellgren-Lawrence 1 à 3), avec des résultats cliniques supérieurs à ceux de l’acide hyaluronique à moyen terme (Laver et al., KSSTA, 2024).